PENSIONS : RÉTRÉCISSEMENT APRÈS LAVAGE !

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cc. Flickr Lou Gabian

Après avoir seriné que les “pensions sont impayables”, le gouvernement a entrepris de les réformer. On revient ici sur trois mesures clés qui illustrent l’esprit de cette réforme et les dangers qu’elle représente pour les travailleurs et en termes d’affaiblissement des principes de la Sécurité sociale.

  • Augmentation de l’âge de la pension

Fixé à 65 ans actuellement, l’âge de la retraite passera à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030.

Argument : il faut assumer le coût des pensions et l’on vit plus longtemps. Absurde, répondent les trois syndicats. Car l’espérance de vie en bonne santé est en moyenne de 65 ans et cette moyenne cache de profondes inégalités, notamment selon le métier exercé. On risque de reporter tout simplement une partie du coût des retraites sur le budget des soins de santé et de l’assurance maladie-invalidité. Absurde et aussi injuste socialement : repousser le départ à la retraite retarde l’accès à l’emploi des jeunes dans un pays qui compte plus de 600.000 chômeurs. F. Van Keirsbilck : « Le résultat réel de cette mesure, c’est qu’un certain nombre de travailleurs, surtout des femmes et des jeune (aujourd’hui), vont avoir moins d’argent à leur pension. Ceux qui n’ont pas d’emploi, ceux qui ont une carrière plus courte, etc. ».

  • Les régimes de prépension en voie de disparition

L’équipe de Michel 1 veut aussi décourager les aménagements de fin de carrière, déjà solidement restreints sous le gouvernement Di Rupo. En 2019, il faudra compter 63 ans et 42 années de carrière pour y avoir droit.

Là encore, les femmes trinquent les premières : leur carrière moyenne atteint 36,6 années.

L’accès à l’ex-prépension (devenu RCC « régime de chômage avec complément d’entreprise ») ne sera plus possible avant 62 ans, sauf exceptions (métiers pénibles…).

Là aussi, l’absurdité règne : « Un travailleur de 60 ans au chômage suite à une restructuration est supposé chercher un emploi alors que c’est déjà dur à trouver pour les jeunes et que nombre d’entreprises avouent ne plus regarder les CV des plus de 45 ans » explique F. Van Keirsbilck.

  • La fin des périodes assimilées

Réduire ou supprimer les périodes dites assimilées (comme un congé maladie, une pause carrière, une période de chômage…) dans le calcul de la pension, est une mesure qui pénalisera aussi particulièrement les femmes, plus souvent mises à contribution pour les soins à la famille, entre autres.

« En gros, rappelle F. Van Keirsbilck, la logique des assimilations est de considérer les périodes consacrées aux enfants par exemple ou à des parents âgés, comme un travail effectué avec un petit salaire. A l’avenir, on ne tiendrait plus compte que du travail effectif (ndlr : sous contrat) ».

Machos, ces gouvernements ? Peut-être. Mais surtout aveugles. C’est le propre d’un mode de pensée dogmatique. On ne regarde pas ce qui se passe. On fait comme si. Comme si l’un-e est égal-e à l’autre ; chacun-e seul-e responsable face aux aléas et aux choix de la vie : « Supposons Monsieur A et Madame B ; supposons qu’ils aient une carrière complète, un travail épanouissant, des enfants pour lesquels ils trouvent sans peine des formules d’accueil. Supposons qu’ils ne sont jamais malades ; supposons qu’ils peuvent se payer un-e employé-e de maison. Supposons… » Et alors tout est réglé. Dans la vraie vie, si l’on ne peut pas compter sur un système solidaire, une partie significative de la population, pensionnés en tête, basculent dans la pauvreté.

A côté du démantèlement de notre système de pensions, notre qualité de vie est attaquée de toutes parts par le gouvernement Michel. Tantôt il s’attaque aux allocations de chômage, tantôt à notre emploi et à notre santé …

 Ça suffit ! Agissons pour que la réalité ne dépasse pas la fiction !

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