LA « RAGE EXCLUATOIRE »

Dès son entrée en fonction il y a deux ans, le gouvernement Michel a mis en application des mesures réduisant fortement l’accès, la durée et le montant des allocations de chômage. Ces mesures touchent toutes les catégories de sans emploi.


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cc.Flickr. Laurent

En réalité, on assiste depuis quelques années à une offensive généralisée des gouvernements successifs pour restreindre le droit au chômage. Le gouvernement Michel parachève le travail de sape en appliquant une politique néolibérale pur jus : détricoter notre système de sécurité sociale. Pour des raisons prétendument budgétaires…. mais aussi purement idéologiques.

Ce qui est prévu par le gouvernement Michel :

  • Généraliser le relevé des compteurs d’énergie de chômeurs suspectés de se livrer à une fraude à la domiciliation pour éviter le fameux statut de cohabitant. Un contrôle intrusif qui avait déjà été décidé par le gouvernement Di Rupo sur base de divers indices, mais qui dorénavant se fera de manière bien plus systématique, y compris via l’espionnage de leur consommation énergétique.
  • Instaurer un travail gratuit à raison de deux jours et demi par semaine, imposé en contrepartie de leur allocation.

Face aux risques d’introduction de recours en batterie sur cette base, notamment de la part des organisations syndicales, le gouvernement Michel a fait preuve d’une créativité étonnante, à travers une parade tenant de la franche entourloupe. Accrochez- vous, il faut suivre : les chômeurs qui accepteront un tel travail forcé se verront « récompensés » par… un allègement de la dégressivité renforcée des allocations de chômage. Dès lors, les prestations fournies dans ce cadre ne pourraient plus être considérées comme gratuites, puisque le revenu de ces prétendus volontaires s’en trouverait « amélioré » – enfin… moins (vite) dégradé !

Nous sommes donc clairement en présence d’un véritable chantage. Si certains chômeurs accepteront de se muer en travailleurs bénévoles, c’est non parce qu’ils seraient appâtés par un prétendu incitant financier, mais bel et bien sous la menace directe d’une sanction financière, voire d’une exclusion pure et simple du système…

  • Supprimer le stage d’insertion pour les jeunes qui n’ont pas terminé leurs études avant 25 ans (30 ans auparavant) et donc ultérieurement à une allocation de chômage.

Un écueil supplémentaire pour les jeunes au sortir des études, Lesquels ne pourront désormais plus se permettre le moindre raté dans leur parcours scolaire. Epée de Damoclès et course contre la montre qui inciteront sûrement de nombreux étudiants de condition modeste à renoncer à entreprendre des études « trop ambitieuses », et donc plus longues, de peur de dépasser ce délai d’admission raccourci.

Typiquement, on retrouve ici aussi le biais élitiste et moralisateur qui sous-tend l’ensemble des mesures à l’œuvre au sein de l’«État Social Actif ». Seuls les plus «méritants » des jeunes gens, ceux qui auront réussi leur cursus en un temps record et s’inscriront avant leurs 25 ans révolus, pourront encore bénéficier de ces allocations spécifiques…

Et cela, alors qu’elles avaient initialement été conçues au contraire pour encourager la démocratisation de l’accès aux études ! Selon Yves Martens, le gouvernement Michel plante ainsi « le clou du cercueil de ce régime de chômage sur base des études, réduit à presque rien ».

  • Prolonger la disponibilité sur le marché de l’emploi qui passe de 55 à… 65 ans

Soit l’âge actuel de la pension ! Tout le monde sait en effet que, de leur propre aveu, les patrons se refusent obstinément à engager des travailleurs de plus de 50 ans voire moins, et se débarrassent d’ailleurs de ceux qu’ils emploient dès ce cap franchi. Et cela, en dépit de tous les cadeaux fiscaux et autres avantages censés encourager l’allongement de la carrière. Mais rien n’y fait : malgré cette évidence qui se vérifie quotidiennement, même à la veille de la retraite, c’est encore et toujours aux « surnuméraires » chassés du marché du travail qu’on impose de faire la preuve de leur « bonne foi », via la recherche effrénée d’un travail introuvable.

  • Supprimer les dispenses de disponibilité dont bénéficiaient les travailleurs de plus de 50 ans suivant un programme d’outplacement.

 

On le voit, à tous les étages, la même volonté disciplinaire est omniprésente, visant à imposer aux victimes de la crise une docilité jamais prise en défaut, et à bannir les « récalcitrants ».

En plus de ces atteintes aux droits des demandeurs d’emploi, notre qualité de vie est attaquée de toutes parts par le gouvernement Michel. Tantôt il s’attaque aux pensions, tantôt à notre emploi, à notre santé

Ça suffit ! Agissons pour que la réalité ne dépasse pas la fiction !

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